Un étonnant voyage au coeur des marais de Kersahu

Reproduction d’un article paru sur le Télégramme le 12 août 2015 : voir la source.

Vendredi, une quarantaine de privilégiés ont cheminé à l’intérieur des marais de Kersahu, à l’initiative des Enfants du marais. Une balade de deux heures à la découverte d’une faune et d’une flore remarquable et d’un passé dont on ne soupçonne même plus l’importance.

Site de test pour l’artillerie navale

On y apprend notamment qu’après avoir été aménagé en marais salant, le destin des marais de Kersahu prend une tout autre tournure avec l’arrivée des militaires (en 1829) et la création de la commission d’expériences de Gâvres (ex Gerbam).

Il s’agissait pour la marine d’effectuer des tirs d’essai à longue portée. « C’est à Gâvres qu’est née la science de la balistique, résume Jean Goerges Driano, d’Arts et traditions. Toute l’artillerie navale française a été testée ici. »

Une science qui a donné un rayonnement national à la presqu’île (nombre de ministres ont fait le déplacement) mais qui a causé bien des frayeurs aux habitants de l’époque, les projectiles pouvant tomber bien loin de leurs impacts supposés, en mer mais aussi sur les habitations et leurs occupants.

Du reste, au détour des sentiers, on découvre des orchidées sauvages, ou, plus rare encore, des aristoches clématites, dont on évalue le nombre à quelques plants seulement sur notre territoire.

Un milieu à préserver

D’autres espèces plus communes abondent comme la carotte sauvage, le thym citronné, ou la délicieuse salicorne. « Il ne faut pas la manger, prévient Yvon Guillevic, de Bretagne vivante, alors que les participants la croquent à pleines dents. Il y a beaucoup de ragondins ! »

La visite se poursuit, la luminosité est à couper le souffle. Après plus de deux heures de cheminement, elle s’achève sous une tente, aménagée en laboratoire par l’observatoire du plancton.

Une simple goutte d’eau de mer sous la lame d’un microscope et le monde de l’infiniment petit se dévoile sous les yeux ébahis du public. Ça grouille de partout. « Vous comprenez pourquoi, ce milieu est fragile et qu’il faut le préserver », lancent en choeur le trio de spécialistes.